
Peu attiré, enfant, par les vignes familiales de Castelnau-Valence, un village situé au centre du triangle Nîmes-Alès-Uzès, Sylvain Ozil s’était rêvé architecte. Étudiant brillant, il bifurque vers l’expertise en bâtiment, où il s’épanouit… jusqu’à ce que le management le lasse. Trop de temps passé sur des broutilles, pas assez sur la matière. C’est alors qu’il s’intéresse au devenir des terres familiales qui forment le Domaine du Chêne. Si ce retour à la terre lui paraît, paradoxalement, naturel, le néo-vigneron ne suit pas sagement les rangs tracés avant lui… Pour mieux imposer sa patte, il apprend d’abord chez les plus grands vignerons du Languedoc, tels que Laurent Vaillé de la Grange des Pères et Alain Chabanon à Lagamas. Il multiplie ensuite les essais sur sa propriété désormais conduite en bio : nouveaux cépages, sur-greffages (une technique qui consiste en la greffe d’un nouveau cépage sur un pied existant, pour bénéficier de son système racinaire), assemblages insolites, vin orange, vendanges tardives en rouge… Au Domaine du Chêne, pas de dogme, pas de routine. L’ennui n’a ici pas sa place.
